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L'UE numérise le contrôle aux frontières : ce que les voyageurs doivent savoir

06.02.2023 | Frontières

Spacious airport terminal with empty seating and a view of an airplane through large glass windows.

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L'UE numérise le contrôle aux frontières : ce que les voyageurs doivent savoir

L'Union européenne révise en profondeur la gestion de sa frontière extérieure. Deux systèmes liés enregistreront, une fois actifs, l'entrée et la sortie de tous les voyageurs hors UE et instaureront des frais préalables au voyage ainsi qu'une obligation d'enregistrement pour de nombreuses personnes qui bénéficiaient auparavant d'un accès sans visa et gratuit. Les objectifs affichés sont de renforcer la sécurité et de fluidifier les passages — même si ces plans ont aussi soulevé des questions sur la surveillance et d'éventuels retards.

Spacious airport terminal with empty seating and a view of an airplane through large glass windows. Photo by Tiago Alvar on Pexels

Le système Entrée/Sortie

Le système Entrée/Sortie (EES) enregistrera l'entrée, la sortie et le refus d'entrée de tous les voyageurs hors UE. Des bornes automatisées assurant l'enregistrement biométrique — une photo du visage et quatre empreintes — remplaceront l'apposition physique de tampons, et les données seront conservées trois ans, ou cinq ans pour ceux qui dépassent leur séjour. Il ne s'applique pas aux citoyens de l'UE ou de l'espace Schengen.

Le système comble une lacune ancienne. Actuellement, les ressortissants hors UE de pays exemptés de visa, y compris les Britanniques après le Brexit, ne peuvent passer que 90 jours sur toute période de 180 jours dans le bloc, mais il n'existe aucun moyen fiable de savoir si quelqu'un a dépassé son séjour, hormis lire les tampons du passeport — une méthode que la Commission juge lente et source d'erreurs. Certains États membres, dont l'Espagne, le Portugal et Chypre, exploitent des systèmes nationaux de suivi, mais ceux-ci ne peuvent pas suivre un voyageur qui quitte l'UE via un autre pays.

Le dispositif ETIAS et son coût

Le second système, le système européen d'information et d'autorisation concernant les voyages (ETIAS), est développé en lien étroit avec l'EES et sera introduit quelques mois plus tard. Il obligera les voyageurs hors UE exemptés de visa à demander une autorisation et à payer des frais de 7 € avant d'arriver. La Commission a indiqué que plus de 95 % des demandes seront approuvées automatiquement en quelques minutes, et que les autorisations dureront trois ans et couvriront plusieurs voyages. Des dispositifs comparables existent déjà en Australie, au Canada et aux États-Unis.

Close-up view of an AeroLogic cargo plane mid-flight against a cloudy sky. Photo by Pham Huynh Tuan Vy on Pexels

Soutien, critiques et débat à venir

Les plans ont suscité des réactions mitigées. Plusieurs États membres ont averti que les temps de traitement aux frontières pourraient fortement augmenter — l'Autriche et l'Allemagne ont évoqué des temps de contrôle pouvant à peu près doubler —, tandis que les défenseurs des droits numériques du groupe European Digital Rights (EDRi) ont mis en garde contre une surveillance biométrique de masse et les risques de cyberattaques sur des bases de données centralisées. La Commission a répondu que des garde-fous existent, que les données personnelles ne sont conservées que le temps nécessaire, et que les contrôles biométriques peuvent réduire les erreurs d'identité, le profilage racial et la traite des êtres humains. Quant aux recettes, les frais de 7 € — gratuits pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans et valables pour plusieurs voyages — visent à couvrir les coûts de fonctionnement du système plutôt qu'à générer un bénéfice. Pour un résumé clair de l'effet de ces systèmes sur les voyages sans visa, consultez notre présentation de l'ETIAS.

Sources d'images:

  • Image d'en-tête: Photo by Tiago Alvar on Pexels
  • Image de teaser: Photo by Pham Huynh Tuan Vy on Pexels