Chargement...

Actualités

Le système d’entrée/sortie de l’UE pourrait encore être retardé, selon les acteurs du voyage

16.06.2024 | Travel

View from an airplane window overlooking the tarmac at Richmond Airport, BC, Canada.

Article content

Le système d’entrée/sortie de l’UE pourrait encore être retardé

Le nouveau système d’entrée/sortie de l’Union européenne, appelé EES, a pour objectif de numériser les contrôles frontaliers pour les voyageurs non européens entrant dans l’espace Schengen. Mais à l’approche de son lancement attendu en 2024, agences de voyage, opérateurs de ferries et représentants du secteur ont averti que le dispositif restait confronté à d’importants défis pratiques et de communication.

A detailed view of a brass praying mantis pendant attached to a suitcase lock. Photo by COPPERTIST WU on Pexels

Ce qui va changer pour les voyageurs

Avec ce nouveau système, les voyageurs originaires de pays tiers, y compris les Britanniques, ne recevront plus de tampon manuel dans leur passeport à l’entrée ou à la sortie des pays participants de l’UE et de l’espace Schengen. Les autorités frontalières enregistreront à la place des données biométriques et de voyage, notamment une photo du visage, les empreintes digitales ainsi que les informations d’entrée et de sortie.

La réforme vise à renforcer la gestion des frontières, à mieux contrôler les dépassements de durée de séjour et à moderniser les procédures aux frontières extérieures. Pour les autorités, il s’agit d’une évolution numérique majeure. Pour les voyageurs, cela signifie toutefois une nouvelle procédure que beaucoup ne maîtrisent pas encore pleinement.

Pourquoi le secteur du voyage s’inquiète

Plusieurs entreprises du secteur ont expliqué que la sensibilisation du public restait faible et que les consignes officielles demeuraient limitées. L’association professionnelle ABTA a publié des conseils préliminaires, tout en rappelant que les dates de lancement définitives n’avaient pas encore été confirmées de manière formelle.

Cette incertitude nourrit le scepticisme. Certaines agences affirment qu’elles préfèrent ne pas donner de recommandations trop précises tant que le calendrier n’est pas clair. D’autres estiment qu’une bureaucratie supplémentaire risque de décourager une partie des visiteurs souhaitant se rendre en Europe.

Des points de tension dans les ports et aux frontières

L’une des principales préoccupations concerne les infrastructures portuaires et les liaisons par ferry, notamment sur des axes très fréquentés comme Douvres. Les opérateurs estiment qu’un système reposant sur des contrôles biométriques est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre dans un environnement portuaire que dans un aéroport.

Dans les aéroports, l’enregistrement biométrique initial peut généralement être effectué à l’arrivée, avec des flux de passagers plus structurés. Dans les ports, où voitures, autocars, fret et voyageurs circulent dans des espaces plus restreints, le risque de files d’attente et de congestion est nettement plus élevé.

EU flag waving in a clear blue sky symbolizing unity and peace across member countries. Photo by Viktorya Sergeeva 🫂 on Pexels

P&O Ferries et d’autres acteurs ont averti que les infrastructures actuelles n’étaient pas idéalement adaptées à ces nouveaux contrôles. Des retards dans des points d’entrée stratégiques pourraient rapidement affecter l’ensemble des flux touristiques, en particulier pendant les périodes de forte affluence.

Une information du public encore insuffisante

Autre problème majeur : de nombreux voyageurs ne savent toujours pas précisément comment fonctionnera l’EES, ni en quoi il diffère de l’ETIAS, le futur système européen d’autorisation de voyage attendu ultérieurement.

Ce manque d’information est important, car beaucoup de voyageurs risquent de se tourner vers les compagnies aériennes, les opérateurs de ferries et les agences pour obtenir de l’aide lorsque les nouvelles règles entreront en vigueur. Sans communication claire et coordonnée, la confusion aux frontières pourrait accroître les temps d’attente et fragiliser la confiance dans l’organisation des déplacements.

L’EES peut-il peser sur le tourisme ?

Certains professionnels du voyage estiment que toute formalité frontalière supplémentaire peut rendre l’Europe moins accessible aux visiteurs de courte durée. Leur inquiétude ne porte pas uniquement sur l’administratif, mais sur l’expérience globale du voyage.

Des temps de traitement plus longs, des procédures floues et des niveaux de préparation inégaux selon les pays pourraient freiner les réservations spontanées et compliquer davantage des axes déjà très fréquentés. Les représentants du secteur craignent aussi que les outils numériques censés accélérer l’enregistrement, notamment certaines applications, ne soient pas prêts à temps.

Une modernisation freinée par des défis opérationnels

Sur le fond, l’EES s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la gestion des frontières européennes. Le système promet une meilleure qualité des données, une surveillance renforcée et une application plus cohérente des règles.

Mais les réserves exprimées par les agences et les opérateurs montrent que l’exécution compte autant que la conception politique. Un système convaincant sur le papier peut provoquer de fortes perturbations si les infrastructures, les effectifs, les tests et la communication publique ne sont pas correctement coordonnés.

Ce que les voyageurs doivent retenir

Pour l’instant, le maître mot reste l’incertitude. L’EES demeure une réforme importante des frontières de l’UE, mais son déploiement dépend de la préparation opérationnelle dans plusieurs pays et hubs de transport.

Les voyageurs qui prévoient un séjour en Europe ont donc intérêt à suivre de près les informations officielles publiées par les autorités frontalières, les transporteurs et les professionnels du voyage. Tant que les dates et les procédures définitives ne sont pas pleinement validées, il sera essentiel de faire preuve de flexibilité et d’anticipation.

Mis en place sans préparation suffisante, le système d’entrée/sortie pourrait améliorer la sécurité aux frontières tout en provoquant des perturbations temporaires pour le tourisme et les flux de passagers.

Sources d'images:

  • Image d'en-tête: Photo by Doug Brown on Pexels
  • Image de teaser: Photo by Ekaterina Belinskaya on Pexels